Identité et diversité - Droits de l'Homme » Discussions


La bi-nationalité peut-elle être remise en cause ?

  • 31 août 2011
    Le 22 juin 2011, Claude Goasguen a remis un « projet de rapport » à la mission d’information sur le droit de la nationalité.
    Ses propositions au sujet de la renonciation à une deuxième nationalité ont fait scandale et ont été retirées. Il n’y aura pas de débat sur la bi-nationalité.
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    Le propos du blog www.transrealisme.org est d'inviter aux échanges de réflexions, sans tabous, afin de contribuer au développement du respect mutuel.
    Le fait même de s'interdire de débattre s’oppose à cet idéal.
    C’est non seulement une atteinte à la liberté d'expression, mais cela démontre, aussi, que le "politiquement correct" ambiant actuel est une forme de dictature qui, méprisant les avis contraires, traduit une forme d'oppression – qui est, toujours, source d’incompréhensions, de conflits, d'obscurantisme … Cela ne peut favoriser la lucidité de chacun et le respect mutuel.
    Convaincre n'est pas vaincre.
    L'amélioration des relations et comportements ne peut s'obtenir quand certains s'enferment dans leurs certitudes et cherchent à les imposer à ceux qui ne les partagent pas.
    Toute pensée peut s'améliorer par l'échange de réflexions sincères, libres et approfondies, mais ne saurait y parvenir par le refus idéologique, le rejet systématique, la condamnation prétentieuse, la volonté d'imposer, la déconsidération de ceux qui refusent de se plier à ce qu'on appelle, aujourd'hui, "le politiquement correct".
    Ce dernier, par son caractère aussi péremptoire que suffisant, ne doit pas laisser indifférent.
    C’est pourquoi j’invite les adhérents du site à disserter sur la question suivante :
    La bi-nationalité est-elle si « politiquement », « correcte», qu’il faille écarter tout débat qui la remettrait en cause ?

  • 31 août 2011

    Ne peut-on pas vivre et travailler dans un pays, sans en avoir la nationalité ? Pour quelles raisons, alors, désirer avoir une nationalité supplémentaire ?!


    On peut, certes, changer de nationalité.  Mais pourquoi vouloir en changer, si on tient à conserver celle de sa naissance ?


     La nationalité implique une appartenance pleine et entière. En avoir plusieurs n'a aucun sens.


    Comment la justifier autrement que par des intérêts particuliers ou des convenances douteuses ?




                            La nationalité correspond à une identité particulière, qu'il serait culturellement inconvenant de dénaturer, au point d'en contracter d'autres, dont les valeurs peuvent être opposées.


    Un résident étranger peut aimer la France, sans, pour autant, devenir français. Changer de nationalité implique, non seulement d’épouser les spécificités du pays de son choix, mais, aussi, de divorcer de sa prime appartenance.


    La bi-nationalité, n’est pas appropriée, car la nationalité marque une adhésion à un état d’esprit bien particulier, qui implique une fidélité sans partage.


    Un footballeur qui défend les couleurs de la France et qui a deux nationalités, est-ce si admirablement humain ? N’y a-t-il pas un sentiment de gêne, de tromperie, de faux semblant dans ses deux pays ? Même si on s’en accommode, parce que les uns veulent gagner sur le terrain, et d’autres gagner de l’argent, cela n’est ni honnête, ni vraiment honorifique.


                    Le "politiquement correct" dominant actuel, qui se traduit, notamment, par la reconnaissance intangible de double nationalité, ne correspond aucunement à une attitude digne, respectueuse et lucide.


    La lucidité, aujourd'hui, est de veiller à ce que chaque être humain se sente libre et respecté.


    Or, le respect de ses origines n'implique pas de désirer en épouser d'autres, sauf si on ne se reconnait plus dans les spécificités et valeurs de son pays. Il y a, alors, divorce ; mais, comme chacun sait, le divorce signifie séparation, ce qui implique, en l’occurrence, abandon de la première nationalité.


    La liberté de vivre et de travailler où on veut, ne saurait pas, non plus, être contrariée par l'impossibilité de double nationalité.


    La dignité d’un Homme consiste à ne pas renier ses origines, mais elle peut se manifester, aussi, par son désir d’abandonner la nationalité du pays de sa naissance, si ce dernier ne correspond plus aux valeurs auxquelles il s’identifie. Dans ce cas, pourquoi vouloir continuer à s'identifier à lui ?


    Quand on coupe ses anciennes racines, ne convient-il pas d'adhérer aux nouvelles librement choisies ? Changer de religion ne signifie t-il pas toujours de renoncer à la première ?


                      Au-dessus d’une appartenance nationale, chacun en partage une autre, et une seule : celle d'être Humain. Le sentiment d'appartenance à l'Humanité devient, pour chaque individu, celui qu'il convient de développer, sans, pour autant, déconsidérer actuellement son identité nationale.


                       Lorsque tous les Hommes parviendront à se considérer terriens, avec tous les devoirs et droits que cela implique, lorsqu'ils parviendront à considérer la planète comme leur pays, le concept de nation disparaîtra ; mais cela ne les obligera, aucunement, à renier leurs origines et leurs diversités spécifiques, -ce qu'ils sont, naturellement, incapables de faire.


    La culture du respect se sera, alors, répandue profondément dans tous les esprits, telle une religion universelle.


    A ce moment, les Hommes auront non seulement foi en l'espèce humaine, mais, cette foi ne sera pas basée sur des croyances incertaines : elle reposera sur la lucidité de partager au mieux, de veiller à ce que chacun soit libre et bien considéré, de s'appliquer à transmettre un meilleur aux générations suivantes.


    Lorsque les Hommes auront réalisé qu'ils ont la charge de l'avenir de l'Humanité, et qu'ils s'y adonneront dans l'allégresse, ils deviendront dignes du ciel, car ils s'appliqueront à créer le paradis, ce lieu où tout ce qui existe, vit en harmonie.


    La dignité de l'Homme ne consiste pas à utiliser ses talents pour dominer, mais pour s'épanouir dans le développement du respect.


                                                                                      Pierre Gouverneur